Chapitre VII

Planète X456GX, 22 heures temps universel relatif

Que se passe t’il ? La nuit tout entière semble me pénétrer et me faire sombrer dans une forme de coma léthargique. Je me sens comme aspiré vers un abysse infernal, vers un charnier de pensées. Suis-je réveillé ou tout cela fait il parti d’une mascarade ?. Je suis en nage, des sueurs froides m’irradie l’échine. Je perds le contrôle. Je, je, je encore et encore…Je ne maîtrise plus mon corps, il ne me répond pas, pourtant je voudrais me lever et fuir cette pression atmosphérique fantasmagorique. Aucun repère, si ce n’est un des soleils d’Isabella qui semble ne pas s’être endormi, du moins je le suppose puisque je ne sais si je rêve ou réalité. Je pense que nous sommes en plein milieu de la nuit. Le climat tropical me semble tout à coup nosférien et pourtant cette sensation est agréable. Je tends les mains devant moi, j’ai l’impression que de la neige tombe sur ma peau, comme tout droit décrochée d’un rêve.

« Octobre sonne à ta porte »

C’est comme une gifle en plein cœur, octobre et son manteau rouge…Non je ne suis pas réveillé et soudain l’envie me prend de me perdre dans ce rêve. Cet ersatz de neige est comme entrain de fondre et de couler le long de mes bras, alors pourquoi je n’ai plus froid ? Serait ce le mois de ma naissance ? non c’est autre chose, mais il est pourtant bien question d’une naissance. Un algorithme fait battre mon cœur et rend ma vision noctambule épileptique.

« 29 »

Ce chiffre me martèle soudainement l’esprit. Mon âge ? non c’est impossible, il n’y a qu’à regarder mon visage pour se rendre compte que bien d’années se sont écoulées sur ma vie. 29 octobre, un flash, celui d’une date. Je me surprends à vouloir repousser violemment ce souvenir. Non je ne suis pas prêt. Pas prêt à avoir des réponses à des questions que je n’osais me poser…

« une porte sans nom »

Et je sens les muscles de mes jambes se figer, je suis pris de crampes, j’ai envie de crier mais mon corps ne sait exprimer la douleur, comme s’il voulait que je la ressente de l’intérieur et que je la garde en silence. Pourtant je sens la neige fouetter mon visage derrière cette porte. Une main se trouve dans la mienne, des doigts froids qui se cramponnent aux miens. Et je cours et je fuis. Mais quoi ?

Je me relève brutalement, je manque d’air, je ne sais plus respirer, et là je réalise que je viens seulement d’ouvrir les yeux. J’ai donc rêvé. Et pourtant tout ceci était empreint d’une telle véracité. J’ai peur, je me sens vide de tout, j’ai froid, j’ai comme un goût de tabac froid dans la bouche et là je n’ai envie que d’une chose…pleurer…

Besançon, 7h42

Quelle heure est il ? Je replace mes lunettes sur le bout de mon nez.

7h43

Mon dieu, dans 17 minutes exactement je vais devoir rendre des comptes…