(suite du chapitre précédent)

 

Une secousse m’envahit, fera t’elle couler ses larmes ? en fait je ne me souviens pas avoir pleuré, je ne me souviens pas avoir ressenti quelque chose de durable depuis que je suis arrivé ici. Que m’arrive t’il ? pourquoi j’ai ce sentiment que des charnières se brisent en moi ? comme si un cri intérieur voulait faire voler en éclat mon questionnement. En fait je réalise qu’ici et maintenant rien n’est peut être vrai…peut être n’est ce pas moi qui vis sur Isabelle, ma belle aux deux soleils. Comment une planète peut elle avoir deux soleils et surtout pourquoi. Je me sens tel un ersatz commandé dans mes moindres faits et gestes par une intelligence extérieure. Puis ces souvenirs qui m’ont percuté cette nuit. Je sens que quelqu’un essaye de me faire reprendre conscience.

Je dois partir mais où et comment ? je suis seul et sans moi-même, mon autre moi vit ailleurs dans une dimension qui dépasse le temps qui s’écoule sous mes pieds. Tout m’apparaît alors hostile, comme une fuite en avant, mais l’on me parle alors que je ne vois riens. Fuir sans savoir quoi et sans me retourner. C’est imminent, rien n’est du au hasard, il n’y en a pas. Je me dirige alors vers mon « campement » de fortune mais aussi de survie bien que je ne survive pas vraiment car ici je n’ai jamais vécu.

J’ai aussi ce sentiment d’oppression, ma vue se veut trouble aujourd’hui, un épais brouillard m’empêche de me discerner. J’arrive à ma base. Par où commencer, quel geste débutera cette déferlante qui pour moi devient vitale là et maintenant ? Je commence par essayer de rassembler mes quelques affaires, la liste des objets est succinte et je me l’épargne. J en veux rien garder de mon passage ici. Je me détache avec un sentiment violent d’Isabelle. Même un de ses astres me boudent préférant se cacher derrière les reflets d’une autre planète fantôme ?

Elle est quelque part, je l’entends déjà. Elle m’attend. Je vais fuir pour elle, pour ce qu’il me reste d’elle et que j’espère retrouver.

Même la végétation qui se voulait manteau de nuit m’apparaît étrangère. Comme si je sortais d’un autre coma. Combien de fracture émotionnelles vont ainsi se succéder ? il est temps pour moi. Je serre entre mes mains ce morceau de tissu. … « liv »…ma vérité commence ici. Je ressens que cela n’est pas dans l’ordre des choses. Je sens qu’Isabella va m’en vouloir, elle a été ma terre sainte depuis mon arrivée. Je la sens qui se met doucement à gronder en son cœur. Elle lance ses éléments contre moi. Ma vue est toujours aussi troublée mais je sais que tout est en mouvement…
Vite il me faut partir et maintenant…


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(retour sur Terre, époque devenue indéterminée)

Je me relève un peu péniblement et me dirige vers la porte 29 du hangar, elle se veut être en acier trempé et pèse son poids. Il me faut un peu lutter pour l’ouvrir même une fois le code d’accès tapé sur le petit écran de contrôle.
La porte grince un peu et qu’elle ne fut pas ma stupéfaction une fois entrée….